Cinq lettres : c'est tout ce qui vous sépare de vos premiers mots hébreux — et des signes par lesquels s'ouvre le premier verset de la Bible.
Ne cherchez pas à tout retenir parfaitement : laissez simplement ces formes, ces sons et ces noms entrer doucement dans votre regard. On avance pas à pas.
L'alphabet hébreu — qu'on appelle l'aleph-bet, du nom de ses deux premières lettres — compte 22 lettres, toutes des consonnes, et se lit de droite à gauche. Prenez le temps d'intégrer ce sens de lecture dès maintenant : il devient vite naturel.
Les petits signes (points et traits) placés sous ou au-dessus des lettres sont les voyelles, appelées nikoud. Vous les apprendrez à partir de la Leçon 6 ; pour l'instant, concentrez-vous sur les consonnes. Chaque lettre a aussi une valeur numérique (Aleph = 1, Bet = 2…), mentionnée à titre de curiosité — rien à mémoriser.
Les cinq lettres
L'aleph est une lettre particulière : elle ne produit aucun son par elle-même. Elle sert de « support » à la voyelle qui l'accompagne — c'est donc la voyelle que l'on entend, pas la lettre. L'aleph fait partie des gutturales, un petit groupe de lettres (aleph, hé, khet, ayin) prononcées dans la gorge. Pour un débutant, retenez que l'aleph s'entend comme un silence, ou tout au plus une très légère ouverture de la gorge avant la voyelle.
Aleph apparaît dès le premier mot de la Torah : בְּרֵאשִׁית (Bereshit, « Au commencement ») contient un Aleph en troisième position (ב-ר-א-ש-י-ת). C'est aussi la consonne initiale de אֱלֹהִים (Elohim, « Dieu »), troisième mot de Genèse 1:1.
La lettre Bet se prononce B, comme en français. Elle appartient à un groupe de six lettres appelées begadkefat (un mot-repère formé en mettant bout à bout ces six lettres : b-g-d-k-f-t). Leur particularité : elles peuvent avoir deux prononciations selon qu'elles portent ou non un petit point intérieur, le dagesh. Avec le point (בּ), le Bet se dit B ; sans le point (ב), il se dit V. Vous étudierez cela en détail en Leçon 13 ; pour l'instant, retenez le son B.
Le nom de la lettre — בַּיִת (bayit) — signifie « maison ». Dans l'alphabet le plus ancien, sa forme représentait le plan d'une maison.
Le Gimel se prononce toujours G dur, comme dans « gare » ou « garder » — jamais comme le G doux de « girafe ». En prononciation sépharade/israélienne (celle de ce cours), cette règle ne souffre aucune exception.
Le nom Gimel est traditionnellement rapproché du mot גָּמָל (gamal, « chameau »), et la forme ancienne de la lettre évoquait la silhouette d'un chameau. C'est l'un des moyens mnémotechniques les plus connus de l'alphabet.
La lettre Dalet se prononce D, comme en français. Comme le Bet, elle fait partie des six lettres begadkefat. Mais en prononciation sépharade/israélienne moderne — celle de ce cours — le Dalet se prononce toujours D, sans ambiguïté.
Le nom de la lettre — דֶּלֶת (délet) — signifie « porte ». Ce lien remonte à l'alphabet le plus ancien, où la forme de la lettre représentait une porte.
La lettre Hé se prononce H, un souffle léger comme le H de l'anglais « hello ». Elle fait partie des gutturales (aleph, hé, khet, ayin). Point important : lorsque le Hé se trouve en fin de mot, il est très souvent muet — on ne le prononce plus, mais il reste écrit. Vous le reconnaîtrez notamment à la fin de nombreux noms féminins.
Le Hé est aussi la lettre de l'article défini hébreu : en plaçant הַ (ha-) devant un nom, on dit « le » ou « la » — par exemple הָאָרֶץ (ha-arets), « la terre ». Vous reverrez ce mécanisme dès le Module 1.
L'alphabet appris
Exercice — Lire de vrais mots bibliques
Les cinq mots suivants sont tous tirés du Tanakh. Lisez chaque mot de droite à gauche et retrouvez, dans un mot réel, les lettres que vous venez d'apprendre. L'objectif n'est pas de lire parfaitement, mais de reconnaître.
À retenir
Leçon 2 — Les lettres
Cinq nouvelles lettres dont deux à double rôle futur (Vav et Yod).
Connectez-vous pour enregistrer votre progression.

