Vous voilà déjà à dix lettres, presque la moitié de l'alphabet. Deux d'entre elles cachent un secret : elles savent aussi se faire voyelles.
Vous connaissez déjà א ב ג ד ה. Aujourd'hui, cinq nouvelles lettres : ו ז ח ט י.
Comme toujours, lisez de droite à gauche. Les petits signes sous ou sur les lettres sont les voyelles (le nikoud), étudiées à partir de la Leçon 6.
Les cinq lettres
En prononciation sépharade/israélienne (celle de ce cours), le Vav se prononce V, comme en français. Vous le verrez parfois translittéré waw et prononcé W (comme en anglais) dans la tradition ashkénaze : c'est la même lettre, une autre tradition. Le Vav est une semi-vocalique — une consonne qui peut aussi noter une voyelle (on parle de mater lectionis, « mère de lecture ») : il pourra noter les sons « o » et « ou ». Vous le découvrirez en Leçon 8 ; pour l'instant, retenez le son V.
Le nom וָו (vav) signifie « crochet » ou « clou ». La forme de la lettre — un simple trait vertical avec une petite tête — évoque d'ailleurs un crochet.
Le Zayin se prononce Z, exactement comme en français. Pas de piège, pas d'exception.
Le nom Zayin est associé au mot signifiant « arme » en hébreu. La forme de la lettre — un trait vertical surmonté d'une petite barre — évoque une épée dressée.
Le Khet se prononce comme un KH raclé dans le fond de la gorge : pensez au « ch » de l'allemand Bach, à la jota espagnole, ou au « kh » de certains mots arabes. Ce n'est ni un K dur, ni un simple H soufflé, mais un frottement guttural — l'une des gutturales (avec aleph, hé et ayin). Attention à ne pas confondre le Khet (ח) avec le Hé (ה) : la différence se joue en haut à gauche. Chez le Hé, le trait de gauche est détaché du toit (il reste une fente) ; chez le Khet, ce trait rejoint le toit (la lettre est soudée en haut, sans fente).
Le toit soudé du Khet, qui ferme la lettre par le haut, évoque un enclos — et rappelle le mot חָצֵר (khatser), « cour », qui commence justement par un Khet.
En prononciation sépharade/israélienne, le Tet se prononce simplement T, comme en français. Dans la prononciation ancienne, c'était une consonne emphatique (articulée avec plus de tension dans la gorge), mais cette nuance a disparu en hébreu moderne. À noter : une autre lettre, le Tav (ת, en Leçon 5), se prononce elle aussi T — les deux sont identiques à l'oreille, mais distinctes à l'écrit.
La forme du Tet — une sorte de cercle refermé sur lui-même — évoque un serpent enroulé, image traditionnellement associée à cette lettre.
Le Yod se prononce Y, comme dans « yeux » ou « yaourt ». C'est la plus petite lettre de l'alphabet : à peine un petit trait suspendu. Comme le Vav, c'est une semi-vocalique : le Yod pourra servir à noter les sons « i » et « é ». Vous découvrirez ce mécanisme en Leçon 7.
Malgré sa petite taille, le Yod est la première lettre du Nom divin יהוה (transcrit YHWH), que vous rencontrerez partout dans le Tanakh. Son nom est lié au mot יָד (yad), « la main » — une belle ironie : la lettre qui évoque la main est la plus petite de toutes.
L'alphabet appris
Exercice — Lire de vrais mots bibliques
Ces cinq mots n'utilisent que les dix lettres apprises dans les Leçons 1 et 2. Lisez de droite à gauche et identifiez chaque lettre.
À retenir
Leçon 3 — Les lettres
Premières lettres à double forme : normale et finale.
Connectez-vous pour enregistrer votre progression.

